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Magazine mensuel de dialogue culturel Depuis 2001 • No 19 • Montréal • 15.03.2006

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Sortie : 10 mars 2006

The Libertine

Durée : 1h55

Distribution : Johnny Depp, John Malkovich, Samantha Morton, Rosamund Pike, Tom Hollander, Kelly Reilly

Réalisation : Laurence Dunmore

Scénario : Stephen Jeffreys d’après la piece de théâtre « The Libertine »

Production : États-Unis

Score : 3.5/5

Par Tina Armaselu

The Libertine est inspiré de l’histoire vrai de John Wilmot, duc de Rochester (Depp), courtisan et poète à la cour du roi Charles IIe (Malkovich) de l’Angleterre, au temps de la Restauration. Personnalité météorique et contradictoire, Wilmot fut connu pour la hardiesse de son œuvre à caractère licencieux et par la vie libertine et les excès qui l’ont mené à sa propre destruction.

Dunmore essaie de reconstruire l’atmosphère de l’Angleterre du XVIIe siècle, en plein essor des arts et des sciences, mais dominée par la légèreté des mœurs et la violence, et de créer des parallèles avec la société contemporaine. Le thème du brouillard et de la boue, renforçant l’idée d’incertitude et de décadence, se superpose à l’image tournante de la salle de théâtre, comme transposition burlesque de la réalité. Bien que le film réussisse à capter l’intérêt du spectateur par le pittoresque du personnage et la beauté de la musique, le conflit ne semble pas toujours très focalisé, les dialogues sont parfois trop touffus et même le jeu laisse à certains endroits l’impression d’un presque imperceptible mal à l’aise.

Photo: www.allianceatlantis.com

Sortie : 10 mars 2006

Tsotsi

Le gangster

Durée : 1h34

Distribution : Presley Chweneyagae, Terry Pheto, Kenneth Nkosi, Mothusi Magano, Zenzo Ngqobe

Réalisation et scénario : Gavin Hood, d’après le roman « Tsotsi » d’Athol Fugard

Production : Grande Bretagne, Afrique du Sud

Prix : Oscar 2005, meilleur film en langue étrangère.

Score : 4.5/5

par Tina Armaselu

Dans l’argot des gangs de l’Afrique du Sud, « Tsotsi » signifie « gangster » et c’est à cet appellatif que le protagoniste, le jeune et violent chef de bande, réduit son identité. Sans nom ni passé, Tsotsi (Chweneyagae) vit dans un présent d’où les privations, la rage et le crime ont banni toute forme de remord ou de sentiment d’affection. Mais les conséquences inattendues du vol d’une voiture l’amène à redécouvrir son vrai nom, son passé et avec lui le côté humain, jusque là refoulé, de sa propre nature.

Bien que l’image du gangster et du gang ne soit pas totalement déliée de certains clichés, le développement psychologique du personnage est remarquable. Par la technique du flash back et le dosage adéquat du conflit, le spectateur est amené à comprendre les circonstances de la chute et de la rédemption du protagoniste et finalement de lui accorder sa compassion. Par une mise en scène habile des contrastes, couleurs sombres - couleurs vives, jour - nuit, riches - pauvres, Hood réussit à transmettre le sentiment d’insécurité et l’image choquante d’un monde où les profondes inégalités sociales et la pauvreté extrême d’une partie de la société ne peuvent conduire qu’à la violence et au crime. Les accords de Kwaito, la musique du milieu urbain noir de l’Afrique du Sud, une sorte d’équivalent du hip-hop américain, le langage argotique de ce même milieu et le jeu convainquant des acteurs ne font qu’ajouter de l’authenticité à cette fresque sociale aux accents d’histoire initiatique.

Photo: www.allianceatlantis.com

Sortie : 24 mars 2006

L’Enfer

Durée : 1h42

Distribution : Emmanuelle Beart, Karin Viard, Marie Gillain, Carole Bouquet, Guillaume Canet, Jacques Gamblin, Miki Manojlovic

Scénario : Krzysztof Piesiewicz

Production : France, Italie, Belgique, Japon

Score : 4/5

par Tina Armaselu

Trois sœurs, Sophie (Beart), Céline (Viard) et Anne (Gillain) sont, à l’âge de l’enfance, les témoins d’une violente dispute entre la mère (Bouquet) et le père (Manojlovic) revenu de prison. 20 ans plus tard, les trois sœurs, maintenant adultes, vivent des vies séparées. Sophie est mariée et a deux enfants, Céline est célibataire et s’occupe de la mère internée dans une maison de santé, Anne, étudiante en architecture, a une relation passionnelle avec un de ses professeurs. C’est seulement un détail de leur passé, révélé de manière inattendue, qui les rapprochera de nouveau.

L’Enfer est l’histoire d’un drame de famille, mais un drame que chacun porte tout seul. Le thème du kaléidoscope, qui revient plusieurs fois pendant le filme, et celui de Médée en sont les motifs centraux. Tanovic dispose ses personnages et leurs histoires séparées comme les pièces d’un kaléidoscope, en usant de toute sorte de détails (peut-être un peu trop). C’est au spectateur de construire la vérité à partir de ceux-ci. Mais comme l’image changeante des petites pièces colorées, l’image de cette vérité peut changer elle aussi. Car le film de Tanovic ne propose pas de délimitations tranchantes, les frontières entre la vérité et le mensonge, le bien et le mal, l’amour et la haine, la culpabilité et l’innocence restent toujours à revoir.

Photo: www.allianceatlantis.com

création et réalisation par Cristian Nistor

graphique et mise-à-jour Bogdan Malaelea-Toropu

Droits de reproduction et de diffusion réservés © TERRA NOVA 2005. Tous droits réservés

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