Magazine mensuel de dialogue culturel Depuis 2001 • No 18 • Montréal • 15.02.2005

ARCHIVE

Felicia Mihali
La reine et le soldat (fr)

Février 2006

Lisa Carducci

Saisons d’amour

Communiqué de presse

La croyance en la métempsycose n’est pas très prisée en Occident. Elle est cependant, avec le brahmanisme, partie prenante de la culture orientale. Lisa Carducci, qui vit en Chine et qui a baigné dans plusieurs cultures (italienne, québécoise, canadienne-anglaise, chinoise), est sans doute plus sensible à cette question des identités. Saisons d’amour se veut l’illustration de ce que peut être la réincarnation : une vie qui cherche constamment à s’améliorer…

Saisons d’amour se présente comme l’expression d’existences simples maillons d’une chaîne qui ne trouvera son aboutissement qu’au bout d’un long processus dont la fin nous est inconnue. Tout commence en Grèce avec une jeune fille à peine pubère à qui la vie semble offrir toutes les promesses de bonheur. Elle sera violée, puis assassinée. Il faudra attendre un millénaire pour que son esprit revive dans l’Europe médiévale et que débute pour elle la saison des désirs. Un désir dont elle ne connaîtra pas la réalisation. Puis elle réapparaîtra quelques siècles plus tard dans la peau d’une nonne de la fin du XIXe siècle. Elle connaîtra la rencontre sexuelle, mais aussi l’abandon. Et finalement, dans un contexte plus contemporain, Letizia rencontrera l’homme de sa vie, mais les embûches entre eux seront nombreuses.
Même destin pour les hommes. Peu élevé sur le plan spirituel, l’homme fera d’abord mauvais usage de son corps et provoquera la haine. Des siècles plus tard, une révélation le mettra sur la voie de la bonté. Il devra expier ses délits. Dans une troisième vie, devenu serviteur de Dieu, il sublimera le désir charnel au point de s’en détacher complètement. Mais il n’a pas fini d’expier ; il devra souffrir encore,
et ce sera la dernière de ses vies…
Saisons d’amour ou l’incessante quête de la plénitude.

L’auteure

Née à Montréal, Lisa Carducci a poursuivi en Italie et en Chine la recherche de ses vies antérieures. Elle sait avoir été juive au moins trois fois — dont la dernière pendant la Seconde Guerre mondiale —, bohémienne en Espagne sous l’Inquisition, et célèbre écrivaine française au XIXe siècle, secrets qu’elle révélera — un jour lointain — dans d’autres œuvres.

Février 2006

Andrée Laberge

La rivière du loup

Communiqué de presse

«Le regard du fils sur son père qui urine en toute liberté est chargé d’une telle tendresse filiale, d’une telle fierté inconditionnelle, d’une telle absence de jugement, que c’en est insoutenable. Quand le père, qui en a enfin terminé, s’approche pour lui manifester à son tour et à sa façon son amour paternel, je déclare qu’il serait préférable que le fils vive avec sa mère.»

Rarement a-t-on vu — en fait, jamais dans notre littérature —, un roman où les relations père-fils atteignent ce niveau de fusion sans sombrer dans l’affrontement ou l’inceste. Face-de-lune (ainsi le désigne son pire ennemi) aime son père sans condition, même si ce dernier, abandonné par sa maîtresse et ex-danseuse nue, en est resté fêlé du chaudron. Les deux habitent un indescriptible taudis, mais le fils ne
veut d’aucune façon modifier son mode de vie: il est heureux ainsi.La rivière du loup, c’est un hymne à l’amour filial inconditionnel. Un roman si fortement sexué qu’on en reste bouche bée. Pourtant, rien n’y est bassement vulgaire. Tout y est beau, y compris les passages les plus scabreux. Ce père, cette bête renifleuse de femelles, ce loup inquiet à l’œil jaune est toujours perçu par le fils comme un être irrémédiablement blessé sur lequel il se doit de veiller.
Un roman magnifique, d’une grande beauté formelle, où prévaut l’idée que les fils peuvent sauver la lignée…

L’auteure

Andrée Laberge est née à Québec en 1953. Docteure en épidémiologie, elle mène de front une carrière de chercheuse en santé publique et d’écrivaine. Formée aussi en service social, elle a travaillé pendant plusieurs années auprès des personnes en difficulté.La rivière du loup est son troisième roman. Dans la lignée des deux précédents (Les oiseaux de verre et L’aguayo), l’auteure donne la parole à de multiples personnages qui témoignent, chacun à leur façon, des liens de filiation, de l’intolérance et de la différence, de même que de la quête de sens et d’absolu.

Février 2006

André Pronovost

Bord-de-l’Eau

Communiqué de presse

Plus qu’un lieu aux airs champêtres, plus qu’un ancien site algonquin, plus qu’un appendice du Vieux-Saint-Vincent-de-Paul, le Bord-de-l’Eau est une famille – et une vision épique du monde.

Entrer dans l’univers d’André Pronovost, c’est comme pénétrer dans un lointain village qui aurait échappé aux vicissitudes des temps modernes. Ici, chacun trouve sa place et il y a une place pour tous. Maxime Lamouche, l’as reporter du Courrier local, est aussi important que le chien Lassie ou que l’agent Quintin. Et puis il y a Blanche Bonneville, Chef, Johnny, l’ineffable Maude et combien d’autres qui constituent la galerie charmante des personnages du Bord-de-l’Eau. Cette édition réunit en un seul livre les deux romans revus et corrigés du cycle du Bord-de-l’Eau. Il s’agit de Kimberly, Mère de Dieu, une playmate qui devint l’icône du club de balle molle des filles de Saint-Vincent-de-Paul, et de Que la lumière soit, et la musique fut.
Entre les deux romans, le récit par l'auteur de sa rencontre avec son héroïne, la Playmate de Playboy de janvier 1982, Kimberly McArthur.

Lire les romans d’André Pronovost, c’est vivre une expérience inoubliable. Il y a tant d’intelligence et d’humour dans ces deux romans qu’aucun lecteur qui s’y engage ne peut quitter ces récits sans avoir atteint la fin. Et quand il tournera la dernière page de ce recueil de romans, il se surprendra à souhaiter être né au Bord-de-l’Eau. Dans le fond de son cœur, il se demandera s’ils existent encore, ces lieux où règnent la complicité et l’amitié et qui nous procurent le sentiment si rassurant d’appartenir à une véritable communauté.

L’auteur

André Pronovost est né à Saint-Vincent-de-Paul, près de Montréal, en
1941. Il possède une maîtrise en psychologie expérimentale. En 1978, il a parcouru d’un bout à l’autre le sentier des Appalaches.

Février 2006

Francine Lemay

La fugitive

L’Histoire de la femme la plus célèbre au monde

Communiqué de presse

Après plus de 25 ans dans l’édition du manuel scolaire, Louis Martin a décidé de fonder sa propre maison d’édition littéraire. Il veut se consacrer à la publication de romans historiques bien documentés, écrits par des auteurs qui excellent dans l’art de marier l’information historique à un récit captivant.

«Marie m’est toujours apparue comme une femme trop parfaite à laquelle je ne pouvais m’identifier, déclare Francine Lemay. En rédigeant La fugitive, j’ai voulu la rendre plus humaine, plus vivante. Dans mon roman, Marie craint le danger, se révolte contre son destin, traverse une crise spirituelle profonde et doute de la nature divine de son fils. Elle aime, elle souffre, elle rêve, elle pleure. C’est une femme, une mère et une amoureuse.»

Elle est une des célébrités qui a le plus inspiré les peintres, les sculpteurs et les musiciens. Pourtant, jusqu’à ce jour, son histoire était méconnue. La voici enfin dévoilée dans La fugitive, un roman écrit par Francine Lemay. La fugitive, c’est l’histoire de Marie, la mère de Jésus. Qui était cette femme ? Dans quel milieu a-t-elle évolué ? Comment a-t-elle survécu à la traversée du désert ? Quelles épreuves a-t-elle vécues en Égypte ? Quelle influence a-t-elle eu sur son fils ? Voilà quelques-unes des questions auxquelles répond l’auteure, en donnant la parole à Marie qui raconte ainsi son histoire. Dans ce roman fort bien documenté, le lecteur plonge au cœur des religions juive, romaine, égyptienne et chrétienne.

L’auteure

Francine Lemay est née à Sainte-Croix-de-Lotbinière, au Québec. Elle a publié un essai très remarqué, intitulé La maternité castrée (Parti-pris, 1978), et de nombreux romans dont Nenduca et la magie des peuples (Fides, 2003), qui a reçu le Prix du livre élu de France 2005. Au cours de la même année, Francine Lemay a été finaliste du concours Lafontaine de Paris.

Février 2006

Jocelyne Saucier

Jeanne sur les routes

Communiqué de presse

Il est des rencontres qui peuvent changer une vie. C’est le cas pour un jeune journaliste lorsqu’il entend Jeanne Corbin haranguer les ouvriers dans le Temple ukrainien du travail à Rouyn en 1933…

C’est à Jeanne, la fille cadette, qu’il appartient de raconter le destin singulier et tragique de son père. Ce dernier était journaliste au Rouyn-Noranda Press, journal des patrons de la mine, lorsqu’il a rencontré Jeanne Corbin, marxiste convaincue et convaincante, qui, du haut de sa tribune, tentait d’entraîner les ouvriers dans un mouvement de grève. Dès lors, rien n’a plus jamais été pareil pour lui. Pour toute lafamille, à vrai dire, puisque cet homme, sa femme et ses trois filles vont tous vivre la même sublime aventure. Voilà que Jeanne, la rouge, la marxiste, prendra l’allure des grands personnages de la Bible. Infiniment belle, elle restera cependant inaccessible tant sa beauté est divine…En même temps que nous est raconté cet amour platonique, nous sommes plongés dans l’Abitibi des années trente. Ici, Ukrainiens, Russes, Finlandais, Chinois et Juifs se côtoient dans une belle harmonie. Et ils sont gauchistes. Ce fait est peu connu, parce que c’est le propre des institutions et des humains de rayer certains pans de l’histoire qu’ils jugent moins glorieux que d’autres. Pourtant, Jocelyne Saucier prouve que cette époque recèle assez de richesses pour en faire un superbe roman.

L’auteure

D’un roman à l’autre, Jocelyne Saucier nous entraîne dans un univers complètement différent. Son premier roman, La vie comme une image, une bulle intimiste qui raconte l’histoire d’un meurtre invisible, a été finaliste au Prix du Gouverneur général du Conseil des Arts du Canada. Les héritiers de la mine, finaliste au Prix France-Québec Philippe-Rossillon, est un suspense psychologique où le monde souterrain rejoint une douleur qui refuse de se nommer. Et voici que dans ce nouveau roman, l’auteure nous plonge dans une quête d’amour impossible au cœur de la Babel communiste qu’était Rouyn-Noranda dans les années trente. Jocelyne Saucier est née au Nouveau-Brunswick mais vit en Abitibi.

création et réalisation par Cristian Nistor

graphique et mise-à-jour Bogdan Malaelea-Toropu

Droits de reproduction et de diffusion réservés © TERRA NOVA 2005. Tous droits réservés

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