Magazine mensuel de dialogue culturel Depuis 2001 • No 18 • Montréal • 15.02.2006

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28 février / 25 mars 2006

Espace libre

Un Shakespeare intégral dans un cadre convivial

L’histoire lamentable de Titus

Mise en scène Jean Asselin

Communiqué de presse

Omnibus propose L’histoire lamentable de Titus donné dans son intégralité par 12 comédiens qui interpréteront 35 personnages. Parmi ceux-ci, Denis Mercier incarnera le Général Titus, Sophie Faucher, la Reine Tamora et Didier Lucien, le sombre Aaron. Le public aura le plaisir de voir l’œuvre jouer dans sa version intégrale à partir de la plus récente traduction par Jean-Pierre Richard (Collection de la Pléiade, Gallimard). À l’instar du théâtre élisabéthain, les spectateurs pourront boire et manger durant la représentation qui débutera à 19 heures pour un parcours théâtral de trois heures trente minutes.

Un treizième texte de Shakespeare monté par Jean Asselin
Jean Asselin aborde avec cette pièce, sa treizième mise en œuvre d’un texte du dramaturge, après les trois Henry VI, Richard II, les deux Henry IV, Henry V, Le cycle des rois (Prix de la meilleure production décerné en 1988 par l'Association québécoise des critiques de théâtre et qui avait marqué Espace Libre de ce mémorable printemps shakespearien), Cymbeline, Le roi Lear, Coriolanus, Measure for measure et les « Death speches ». L’histoire lamentable de Titus donnée par Omnibus constitue, à notre connaissance, sa première création au Québec. Toutefois, celle-ci a déjà été présentée à Montréal au Festival de théâtre des Amériques en 1993, par le Théâtre National de Craiova (Roumanie) dans une mise en scène de Sylviu Purcarete. Notons également la mise en lecture de Titus Andronicus dirigée par Philippe Laperièrre, une production du Théâtre des Pas Perdus, présentée à deux reprises en 2003 au Gésu.

Oeil pour œil, dent pour dent
« Tant mieux, Lavinia, que tu n'aies pas de mains, car avoir des mains pour servir Rome ne sert à rien. » Ces quelques vers tirés de l’œuvre (Acte III, scène 1), en résume remarquablement le propos final. Créée pour la première fois en 1594, L’histoire lamentable de Titus (ou Titus Andronicus) est sans doute la première tragédie de William Shakespeare, et assurément la plus sanglante. Dédaignée par la haute société à cause de son côté cru, la pièce connut pourtant un grand succès populaire. Elle décrit un cycle inextricable de vengeance fatale entre Titus, général imaginaire de la Rome impériale, et son ennemie Tamora, reine des Goths. Dans cette Rome où la grâce n’existe pas, seule demeure la loi du talion. Titus, le héros, fait sans états d’âme pencher la balance du côté d’un conservatisme méprisant des valeurs humaines et du pardon. Aux limites de l’endurance humaine, cette tragédie entretient l’inconfort entre la pitié et la répulsion et, devant l’énigme insondable du mal, nous laisse déchirés entre le désir de comprendre et la peur de savoir. Œuvre de jeunesse, Titus flatte le voyeurisme par une véritable débauche de violence et de cruauté. L’horreur y est agencée dans un style verbal et visuel dantesque. L’atrocité des faits et la mise en valeur de la souffrance, exactes et crédibles, sont révélées par l’art à l’encontre des médias qui les banalisent. Cette pièce toujours d’époque invite à nous inquiéter et nous indigner de la résurgence atavique de la violence, et de la fascination qu’elle opère.

« Redécouverte dans les années 1950, dans le contexte historique du traumatisme profond causé par les atrocités nazies, cette tragédie où la violence la plus insupportable sourd au cœur même de la civilisation est désormais très souvent jouée. Les déferlements de cruauté et de barbarie qui, en divers points du globe, ont régulièrement marqué la fin du XXème siècle et les débuts du XXIème n'ont cessé de faire de cette tragédie de l'horreur un écho puissant de la modernité. » — Yves Peyre (in Shakespeare – Tragédies, OEuvres complètes, tome 1, Gallimard, col. La Pléiade)

Un spectacle tout en action et en démesure
Des alliés de taille, Jaber Lutfi et François Barbeau, attribueront à la douzaine d’interprètes la vêture et les accessoires impériaux dans un Espace Libre qui évoquera, dans l’espace intemporel créé par Charlotte Rouleau, quelque empire hégémonique pour qui tout étranger est un barbare.
La composition de la troupe augure d’un Titus tout en action et en démesure, à la hauteur de cette grande œuvre à la fois poétique et philosophique.

avec Jean-Baptiste Asselin-Boulanger, Jean Boilard, Daniel Desputeau, Philippe Ducros, Sophie Faucher, Emma Haché, Christian LeBlanc, Didier Lucien, Denis Mercier, Isabelle Pastena, Charles Préfontaine, Martin Vaillancourt
scénographie Charlotte Rouleau
costumes et accessoires Jaber Lutfi et François Barbeau
lumière Mathieu Marcil
conception sonore Éric Forget
régie Stéphanie Capistran-Lalonde
maîtrise d’œuvre Jean Asselin

Espace Libre
1945 rue Fullum à Montréal (Métro Frontenac)
billetterie (514) 521-4191
Horaires
du mardi au samedi à 19h
boissons et nourriture vendues sur place durant la représentation
Prix des places
régulier 24 $ - étudiant 19 $

création et réalisation par Cristian Nistor

graphique et mise-à-jour Bogdan Malaelea-Toropu

Droits de reproduction et de diffusion réservés © TERRA NOVA 2005. Tous droits réservés

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