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Magazine mensuel de dialogue culturel Depuis 2001 • No 18 • Montréal • 15.02.2006

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Sortie : le 16 décembre 2005

Brokeback Mountain

“If you can’t fix it, you gotta stand it.”

Durée : 2h14

Distribution : Heath Ledger, Jake Gyllenhaal, Michelle Williams, Anne Hathaway, Randy Quaid.

Réalisation : Ang Lee

Scénario : Larry McMurtry et Diana Ossana d’après une nouvelle d’Annie Proulx.

Production : Etats-Unis

Par Tina Armaselu

Engagés pour une saison à Brokeback Mountain, au Wyoming, pour garder des troupeaux de moutons, Ennis Del Mar (Heath Ledger) et Jack Twist (Jake Gyllenhaal), deux jeunes cow-boys des années 60, s’habituent peu à peu à un mode de vie isolé où les seules lois sont celles de la nature. Leur camaraderie, s’appuyant au début sur peu de mots, augmente pour prendre soudainement la tournure d’une passion à la fois incompréhensible qu’irrésistible, dont la force ressemble à celle de la nature même. Séparés à la fin de la saison, Ennis épouse quelques mois plus tard sa fiancée, Alma (Michelle Williams), tandis que Jack se marie au Texas avec Lureen (Anne Hathaway), la reine du rodéo. Devenus entre temps pères de famille, ils se revoient après quatre ans, mais c’est pour comprendre qu’en effet, le sentiment né à Brokeback Mountain durera irrémédiablement pour la vie.

Dans le monde traditionaliste de l’Ouest américain des années 60, où tout écart de la norme est sanctionné par la communauté, l’amitié-passion de deux hommes ne peut que s’inscrire dans la lignée classique des amours impossibles. Face à un problème insoluble, partagés entre la famille et une attraction qu’eux-mêmes ont de la peine à accepter, les deux protagonistes mènent une double vie, en oscillant entre une existence traditionnellement stable et un univers exclusivement masculin, bouleversé par des sentiments violents et contradictoires. Un dilemme dont le seul remède semble le syntagme : “ If you can’t fix it, you gotta stand it.”, « Ce qu’on ne peut pas résoudre, il faut supporter.»

Maître du détail, le réalisateur Ang Lee déploie à petits pas le fil de cette histoire, sur une dizaine d’années. La fin est un compromis comme tant d’autres que la vie nous propose, une réconciliation, qui n’exclut pas la souffrance, entre un présent sans conflits ni passions et l’image d’un Brokeback Mountain clouée dans la mémoire comme une carte postale sur la porte de l’armoire.

Image : http://www.allianceatlantis.com/

Sortie : le 20 janvier 2006

Caché

Le dit et le non-dit

Durée : 1h58

Distribution : Juliette Binoche, Daniel Auteuil, Maurice Bénichou, Annie Girardot

Scénario et réalisation : Michael Haneke

Production : France

par Tina Armaselu

Georges (Daniel Auteuil), le modérateur en vogue d’une émission littéraire télévisée, et sa femme Anne (Juliette Binoche) reçoivent des cassettes vidéos anonymes accompagnées de mystérieux dessins. Comme la police ne veut pas intervenir en considérant le contenu des colis inoffensif, c’est à eux de mener leur propre enquête. Mais peu à peu, l’enquête se transforme en un véritable processus de conscience pour Georges, ce qui révèle une partie cachée de son enfance, reliée à des événements ayant eu lieu en octobre 1961, pendant la guerre d’Algérie.

Le thème central du film est celui de la culpabilité et du refus de la réconciliation, aussi à l’échelle individuelle que sociale, menant le plus souvent à des drames et des conflits des plus violents. Le drame de Georges est celui d’un homme incapable du simple geste de réconciliation et qui, en essayant de cacher de soi-même sa propre culpabilité, ne fait qu’en ajouter une autre, avec des conséquences bien plus graves pour lui que pour les autres. Si le film renvoie, bien que de manière indirecte, à des événements tragiques des années 60, il semble aussi évoquer des événements similaires de date plus récente.

Qui est l’expéditeur mystérieux des cassettes et des dessins anonymes ? Pour ceux qui attendent une réponse explicite à cette question, ils ne l’auront pas. Tout simplement parce que, en plus de sa touche singulière d’authenticité, parfois violente, et de naturel, le film a la qualité de dire des choses qui semblent cependant se cacher sous l’apparence déconcertante du non-dit.

Image : http://www.allianceatlantis.com/

Sortie : le 17 février 2006

L’Enfant

Durée : 1h40

Distribution : Jérémie Rénier, Déborah François

Scénario et réalisation : Jean-Pierre et Luc Dardenne

Production : France, Belgique

par Tina Armaselu

Sonia (Déborah François) une jeune fille de dix-huit ans vient d’accoucher d’un petit garçon qu’elle décide d’appeler Jimmy. Le père, Bruno (Jérémie Rénier), deux ans plus âgé qu’elle, ne semble pas cependant très bien préparé pour cette nouvelle responsabilité. Léger et peu enclin à travailler, il est le leader d’une petite bande de gamins-voleurs et s’occupe du placement des objets volés. Comment l’arrivée de Jimmy changera-t-elle la vie du jeune couple?

Véritable fable sociale, le film de Jean-Pierre et Luc Dardenne présente un petit monde où les enjeux de chaque nouvelle situation sont considérés en termes du montant d’argent qu’elle peut apporter. La leçon que le protagoniste doit apprendre est qu’il y a cependant des occasions offertes par la vie qui ne peuvent pas être tout simplement transformées en argent, sans avoir à supporter les conséquences. Le filme se penche également sur la question de la paternité et sur les changements, parfois conflictuels, que la naissance d’un enfant peut produire dans la vie d’un jeune homme.

Image : www.tvafilms.com

création et réalisation par Cristian Nistor

graphique et mise-à-jour Bogdan Malaelea-Toropu

Droits de reproduction et de diffusion réservés © TERRA NOVA 2005. Tous droits réservés

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