Communiqué de presse
Le Château est le dernier grand roman (après Amerika
et Le procès) entrepris par Kafka quelques années avant
sa mort en 1924. Inachevé comme les précédents
et voué à être détruit si Max Brod, le
légataire de l’oeuvre de Kafka, n’avait pas contrevenu
aux ordres de son ami. Ce long récit se présente comme
une sorte d’épopée dont le héros quasi
anonyme - son identité se réduit à la seule lettre
K - se prétend arpenteur/géomètre. Il dit également
avoir tout quitté pour répondre à une sorte d’appel
ou de convocation. Dans le village où il arrive, par une nuit
d’hiver, on semble, en effet, non sans difficulté, lui
reconnaître son titre d’arpenteur, mais les autorités
locales ne lui attribuent aucune tâche précise. À
partir de là, K. cherche, par tous les moyens, à atteindre
les fonctionnaires qui résident au « Château »,
siège de l’autorité suprême. Il attend d’eux
qu’ils confirment officiellement sa mission. En même temps,
au village, pour éclaircir tant de mystères, K. multiplie
les rencontres, notamment avec différentes femmes qui lui apparaissent
comme des intermediaries privilégiées pour atteindre
son but. En vain, puisque cette bureaucratie, toujours fuyante, semble
n’avoir d’autre finalité que d’user peu à
peu les forces de ceux qui cherchent à en comprendre le fonctionnement.
Les textes de Kafka ont été l’objet de toutes
sortes d’exégèses sociologiques, politiques ou
psychanalytiques qui ne manquent pas d’intérêt,
mais qui, par leur masse, risquent d’étouffer la création
originale. La première démarche, quand on aborde Kafka,
consiste donc à revenir au texte en s’appuyant sur des
traducteurs aussi rigoureux que Bernard Lortholary ou Claude David,
lequel a minutieusement révisé, pour l’édition
de la Pléiade, les premières traductions d’Alexandre
Vialatte. Ces traductions récentes font apparaître, avec
plus de netteté, l’humour très particulier de
Kafka, burlesque et sinistre à la fois et qui cherche moins
à tempérer le tragique qu’à lui donner
davantage de relief. Il s’agit très souvent d’un
humour brutal, visuel, scénique, comportant une sorte de cocasserie
incongrue qui n’est pas sans rappeler un certain cinéma
américain. La plupart des rencontres de K. avec les représentants
de l’autorité sont marquées par un déficit
de communication qui en révèle souvent toute la drôlerie.
D’une certaine manière, Le Château se situe dans
la longue tradition des romans qui mettent en scène un aventurier
en quête de gloire et de reconnaissance. Mais l’originalité
du héros de Kafka est qu’il ne sait pas lui-même
si ce qu’il cherche est utile ou nécessaire et donc,
quell succès ou quel salut, il peut attendre de sa recherche.
Tout ici est question, interrogatoire, expérience; l’action
se réduit à l’examen systématique d’opinions,
de solutions ou de vérités possibles.
« Kafka n’a pas prophétisé. Il a seulement
vu ce qui était « là-derrière ».
Il ne savait pas que sa vision était aussi une pré-vision.
Il n’avait pas l’intention de démasquer un système
social. Il a mis en lumière les mécanismes qu’il
connaissait par la pratique intime et microsociale de l’homme,
ne se doutant pas que l’évolution ultérieure de
l’Histoire les mettrait en branle sur sa grande scène.
[…] Grâce à la force et à l’autonomie
de sa vision poétique, Franz Kafka a dit sur notre condition
humaine ce qu’aucune réflexion sociologique ou politologique
ne pourra nous dire ». (Milan Kundera)
Concepteurs : Magalie AMYOT, David PERREAULT NINACS, Jean-François
MARTEL
Directrice de production : Cathie SENEY
Attachée de presse : Sandrine GRIS
Directrice administrative : Lise LAMBERT
Assistant à la mise en scène : Jean-Sébastien
PILON
Adapation et mise en scène : Jean-Marie PAPAPIETRO
Production : THÉÂTRE DE FORTUNE
en codiffusion avec le THÉÂTRE PROSPERO
Billetterie du Théâtre Prospero : 514-526-6582
1371, rue Ontario E., Montréal, Qc H2L 1S2
Tarifs :
Régulier 24 $ // Étudiants et aînés 17$
// Groupe 15$ // Étudiants en théâtre 12$