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| Magazine mensuel de dialogue culturel | Depuis 2001 • No 17 • Montréal • 15.01.2006 |
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La critique comme règle du jeu Par Mircea Gheorghe La meilleure chose qui puisse arriver à un artiste est de voir sa création favorablement accueillie par la critique : la pire, de n'avoir aucune critique. Rien ne nuit plus à une oeuvre d'art, publiée ou exposée, que le silence. Si une oeuvre ne produit aucun écho parmi les amateurs, cela veut dire qu'elle ne signifie rien, qu'elle n'existe pas. Pourtant, quand j'ai dit "amateurs", j'ai dépassé la zone des critiques. Oui, c'est vrai, il y a des centaines, voire des milliers d'oeuvres qui se dispensent de toute critique. Il s'agit des oeuvres qui établissent immédiatement leur contact avec le public: les tableaux que l'on achète dans les quartiers des bouquinistes, les chansons, les couplets satiriques etc., etc. Le producteur d'une oeuvre veut, idéalement, séduire autant le public non-spécialiste que les critiques, les spécialistes. En pratique, cependant, il doit se contenter avec une réaction mitigée de la part des uns comme des autres. Plus encore, lorsqu’il donne accès à tous à son oeuvre, par définition il accorde, également à tous le droit absolu d'avoir et d'exprimer n'importe quelle opinion sur cette oeuvre. Accepter la critique est une règle incontournable du jeu. Toutefois, peut-on dire qu'il n'y a pas de limite dans l’exercice de ce droit? Disons que face à un commentaire de mauvaise foi, ou carrément bête, l'auteur peut répondre, polémiquer et expliquer son oeuvre s'il le veut. Il y a, cependant, une limite au bon usage de cette pratique: "Je regrette un peu d'avoir essayé de donner des réponses alors que mon affaire était tout simplement d'inventer sans me soucier des camelots qui me tiraient par la manche. Je suis un peu tombé dans leurs pièges et j'ai souvent cédé aux sollicitations de la polémique", écrivait un grand écrivain au zénith de sa gloire. Disons aussi que le droit de critiquer ne signifie pas le droit de calomnier. Accuser, par exemple, un auteur de plagiat, sans aucune justification, est un exemple de calomnie ; par la suite, l'accusé a le droit de demander que les affirmations soient prouvées devant la justice. Et c'est ici que nous sommes confrontés avec des malentendus pénibles. Certains auteurs prennent pour une calomnie toute réserve critique, toute ironie plus ou moins cordiale, toute association d'idées inhabituelle provoquée par leur oeuvre. C'est une faute qui sape le lien de confiance nécessaire entre ces auteurs et leurs commentateurs potentiels, qui les place, parfois, dans une position embarrassante. En d'autres mots, ils nous disent: "Nous voulons avoir votre opinion au sujet de nos oeuvres, à condition qu’elle soit enthousiaste, quoi que vous pensiez réellement." Ce portrait n'est pas quand même valable pour tout le monde. On compte aussi des auteurs qui, heureusement, ont la sagesse d'accepter – même si leur ego est déchiré – les critiques désagréables Ils peuvent avoir le sentiment d'être mal compris ou d'avoir affaire à un commentateur opaque mais ils ont la conviction que les seules réponses dignes sont leurs oeuvres futures. Ou la réaction des autres critiques. Je lis et relis une ancienne critique sauvage publiée dans Le Figaro, "Rien n'est plus lugubre qu'un farceur démodé! L'absurdité, l'irréflexion, l'insanité, le non- sens, l'ineptie élevée au rang du dogme, la dérision, les jeux de mots, la fausse folie, l'excentricité pénible, l'originalité forcée, la bizarrerie préméditée, l'extravagance fabriquée, l'insolence à tout prix, le monsieur qui se chatouille pour nous faire rire et l'autre qui s'est fixé comme objectif d'épater le bourgeois, tout ça, nous, on connaît tout ça depuis très, très longtemps". L'auteur en question, qu'a-t-il fait? A-t-il traîné le critique irrévérencieux devant les tribunaux? Non. Beaucoup plus tard il a écrit quelques pages ironiques sur tous ses critiques, sans nommer personne. Plus tard encore, il a même regretté de les avoir écrites. Vous savez sans doute de qui je parle. C'est l'auteur que je citais au début de mon article. Il avait le sens du ridicule, lui. Il s'appelait Eugène Ionesco. Aimez vos critiques comme vous vous aimez vous-même! Par Felicia Mihali Être critique n’est pas moins ingrat que d’être auteur. Le vrai critique est quelqu’un d’autre, le public, pas plus préparé à recevoir l’œuvre de l’un que la critique de l’autre. Dans les deux cas, ce même public est la troisième instance, celle qui décidera de l’accueil favorable ou non réservé à l’œuvre. Parlons plutôt du lien qui se tisse entre auteur et critique. Laissons de côté les chroniques, nombreuses par ailleurs, qui se font en vertu des critères extra-artistiques : d’anciennes amitiés qui lient le critique et l’auteur et qui ont été soit de bons amis, soit des copains d’université, soit des membres du même club artistique, soit des journalistes pour le même journal, soit des membres du même jury, soit des voisins de quartiers ou de rues. Ne parlons pas des chroniques concoctées par des critères nationaux, identitaires, linguistiques, ou idéologiques. Disons que cela ne compte pas, malgré les renversements et les dégâts quant à la promotion des vraies valeurs. Cela n’a jamais été autrement, et cela nous console un peu. Parlons de la vraie critique artistique, celle qui se fait avec bonne foi, conviction, et bon goût. Qu’en est-il de la réaction de l’auteur face aux opinions critiques? Ce personnage en majuscule, le Critique, est-il encore nécessaire à la promotion d’une oeuvre? Quelqu’un disait que le Critique n’est pas nécessaire, mais la critique, oui. En tant qu’auteur, mes livres ont joui d’un bon accueil, à quelques exceptions près. À la parution de mon premier roman, dans mon pays d’origine, un des critiques me nommait « professeur de sexe ». Un autre a descendu le livre encore plus bas, en associant son contenu à la forte odeur du fromage roquefort. Disons que le sujet de mon roman en parlait, mais pas à ce niveau-là. Dans mon pays d’adoption, j’ai été encore une fois gâtée par les critiques sauf par un seul qui, de mon deuxième roman, n’a rien aimé. Il parlait même d’un mauvais usage du français, ce qui était le pire pour la promotion du livre, justement parce que dans le cas d’un écrivain immigrant la langue reste le point le plus vulnérable. Dire à un immigrant qu’il s’exprime mal dans la nouvelle langue, c’est comme si on disait à une femme laide qu’elle l’est. Cela est vrai, mais elle le sait, les autres aussi, et cela fait terriblement mal. J’ai assez mal pris ces opinions malgré le fait que cela était une attaque plutôt au prestige de la maison d’éditions qui me publiait. Ceux qui ont affaire avec la publication connaissent le massacre pratiqué par les correcteurs dans le manuscrit. De plus, dans mon roman original, la langue n’était pas plus soignée : mon style est d’une simplicité maximale, et les métaphores ou les tournures savantes sont aussi rares que la pluie au milieu du désert. Toutefois, je n’ai jamais pensé à riposter, à polémiquer ou à demander des dédommagements. Les belles surprises que d’autres chroniqueurs m’ont faites, ont rendu le poison plus facile à avaler. Je fais peut-être trop confiance aux instances. Je ne me fais jamais de scénarios quand aux arrières pensées, aux jeux de coulisses, aux intentions obscures. À la longue, cela deviendrait dur à supporter de voir des mauvaises intentions partout, de se sentir traqué et harcelé. Il serait pénible de croire que tu n’es pas accepté pour des raisons nationales, linguistiques ou sexistes. Cela serait encore plus difficile d’imaginer être tombé dans un carrousel d’intérêts nationaux ou de complexes figés. Insupportable à croire qu’on est mal aimé, qu’on nous fait tort avec intention, qu’on nous oublie en faveur des vedettes locales. Insoutenable de penser que l’avenir restera figé dans cette formule, lorsqu’on vous rappelle que votre langue n’est pas la bonne ou que les réalités que vous décrivez n’ont rien d’attrayantes : si le critique ne comprend pas les enjeux politiques ou sociaux d’un roman, personne ne lui reprochera son inculture. Je préfère plutôt lire attentivement les méchantes chroniques et en prendre le bon côté : si elles sont longues, je peux même remercier le signataire pour sa patience. Faire une chronique négative demande plus d’attention, du moins à l’écriture sinon à la lecture. Je ne crois pas aux complots, mais plutôt à une mauvaise conjoncture, au mauvais temps, aux longs hivers, car cela me réconcilie avec moi et avec mon avenir. Je dépends de cette bonne attitude et j’attends patiemment le temps où la manne céleste tombera pour moi aussi. Quant à la personnalité du critique, je fais aussi confiance à toute opinion, même si elle ne vient pas nécessairement d’un spécialiste. Je suis certaine qu’aucune école n’est capable de former de bons critiques tout comme de bons auteurs. Ils se révèlent d’un coup, comme les lièvres sortant des haies. Un bon critique n’aborde jamais une oeuvre ou un auteur de la même manière. Cela tient tout aussi étroitement au talent et à l’inspiration qu’à l’œuvre critiquée en elle-même. Je me fie aussi aux opinions des non-spécialistes, aux regards frais, sincères, qui ne sont pas endoctrinés par des formules savantes et périmées : j’aime les opinions qui respirent l’air frais des autres disciplines. La hargne des débutants qui, avant d’émerger, sont déjà si dépendants des louanges, me met mal à l’aise. Je suis indulgente, car l’accueil injuste d’une oeuvre est plus compromettante pour un critique que pour l’auteur : elle reste au centre des anecdotes qui survivent à l’oeuvre elle-même. Les affirmations injustes sont plus souvent citées que les élogieuses. Être critique implique plus de responsabilité que d’être auteur. Ce qui dans le cas d’un artiste peut éventuellement passer pour de la liberté créatrice, dans le cas d’un critique est associé à l’inculture, à la mauvaise foi, au parti pris. Les critiques sont tout aussi infortunés que les éditeurs qui se trompent sur la valeur d’un nouveau manuscrit. Je défends surtout les mauvaises chroniques. Un critique qui pèse ses mots et qui censure ses opinions à cause de menaces ou de procès pour calomnies est le pire critique. Cette attitude tiède imposée par « le politiquement correct » est la plus dangereuse, car elle favorise la médiocrité et anéantie le rôle bénéfique de cette institution. Un critique qui a peur de dire à un immigrant qu’il écrit mal en français par crainte des conséquences est un mauvais critique. Mais que le même critique soit aussi sincère avec tout le monde ! Finalement, laissons les critiques faire leur métier et exister en tant qu’amis et parasites car, ils nous aiment tant qu’ils se nourrissent à notre compte. Laissons-les juger, se tromper et brûler en enfer pour leurs mauvais jugements ou, parfois, tout simplement pour leur mauvais goût. Le nombre de mauvais livres qu’ils lisent quotidiennement est une punition assez sévère. Ne leur intentez pas de procès, car un jour leur manque de sincérité leur jouera un tour. Pensons de bonnes choses à l’égard de nos critiques! Soyons de bons chrétiens ! Pardonnons-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. Soyons généreux, car ils sont mal payés et mal aimés par tout le monde; par l’auteur, par le public, et par le rédacteur en chef, qui préférera toujours avoir affaire à des têtes d’affiches pour mieux vendre le journal. Ne pensez pas qu’il soit plus fortuné que vous, auteur non vendu. En tant qu’auteur, vous pouvez vous consoler en pensant qu’un jour l’on se rappellera de vous, même si ce n’est qu’au chapitre des auteurs mineurs, alors que la postérité pour des critiques médiocres n’existe pas. Critica fara frontiere Par Emil Belu Eu nu cred ca românul s-a nascut poet. Critic, cu certitudine. Ciuliti urechile, deschideti ochii si va convingeti. Orice subiect ne intereseaza. Nu exista zvon pe care sa nu-l adulmecam si, imediat, sa-l trecem prin filtrul subiectiv al analizei. Si ce încrâncenare punem, mai ales când îi daracim pe altii! A toate stiutori, s-ar zice. Academia „Gura Lumii” – fara sediu, fara sectii specializate, fara fotolii în care sa motaie venerabili academicieni, fara prezidiu ales pe sprînceana – este omniprezenta prin filialele raspândite peste tot, numite „Gura Târgului”. Cunoastem, nu cunoastem subiectul, musai ne „dam cu parerea”. Cultura, politica, social, nici un domeniu nu ne este strain. Critica la români este o vocatie nu o meserie, cum s-ar cuveni. Autocritica este un cuvânt necunoscut. Celebrele sedinte de „demascare” de la mijlocul secolului trecut, când erai obligat sa-ti torni singur tarâna pe cap, ramân o trista exceptie. Ele nu au nimic comun cu adevarata autocritica. Criticul, într-o acceptie mai larga, cum citesc într-un dictionar, este „cel care apreciaza calitatile si defectele”. Definitia, acoperitoare la prima vedere, mai are si fisuri. Daca ma refer la literatura, lucrurile se complica. Cum poate evalua cineva defectele sau calitatile unui roman, sa zicem, fara existenta unui învatamânt formativ în domeniu? Ce criteriu opereaza în acest caz? Eruditia, flerul, gustul literar, rigoarea morala, informatia culturala, sunt lucruri necesare, dar nu suficiente. Ma întreb daca instructia culturala poate suplini un învatamânt organizat. Aici, raspunsul îmi scapa. În domeniul artei, se pare ca exista o specializare pentru viitorii critici. Am dedus asta dintr-o definitie a criticului de arta pe care am gasit-o într-un alt dictionar: „un specialist care studiaza, interpreteaza si apreciaza operele de arta”. O definitie minimalista a lui Marshall McLuhan – „profetul timpurilor moderne”, cum îl alinta canadienii – poate ridica obiectii, dar poate avea si adepti: „Specialistul este cel ce nu face greseli marunte, în timp ce se îndreapta spre marea greseala”. O diploma, chiar într-o specializare foarte stricta, nu te ridica, automat, pe un soclu de unde poti da verdicte. Si-apoi, românul a trecut de multa vreme de la faza de specialist, la cea de expert. Nu de specialisti avem nevoie, ci de un „Guru cultural”, datorita înclinarii – mimate, sau nu – spre sfintenie; fie ea, chiar culturala. Aureola „Sfântului cultural” ne mai taie din ifose si tâfne. Apreciez creatorul care îsi reevalueaza opera într-o noua lumina. Îmi place criticul care se mai îndoieste de propria judecata si, din când în când, la o relectura, îsi baga sabia în teaca. Disputele aride, de care nu ducem lipsa, induc confuzia într-un iubitor de act cultural. Tot esafodajul propriei interpretari – construit cu migala degustatorului de arta, atâta câta exista în fiecare dintre noi – se naruie. Raul vine din ambele parti, aruncâdu-ne într-o fundatura, de unde cu greu vom putea reveni. Filozoful german a sesizat impasul: „În jurul unei opere noi, ceilalti se strâng ca mustele pe laptele proaspat, spune Hegel. Si începe apoi un întreg balet. Pe de o parte, artistul se ascunde în opera, se identifica cu ea si declara ca ea spune totul; pe urma simte totusi nevoiai sa se explice, sa vorbeasca si declara ca opera nu spune totul, ca ea nu îi epuizeaza idealul. Pe de alta parte, criticul vine si aseaza opera lui peste opera artistului, declarând însa ca explica opera artistului” ( Jurnalul de la Paltinis, autor, G. Liiceanu) Sa revenim la literatura. Citesc, deobicei, exegezele critice dupa ce am citit cartea. Foarte rar, invers. Nu astept îndemnul criticului pentru a citi, sau nu, cutare carte. Si, cred ca la fel ca mine procedeaza majoritatea împatimitilor de lectura. Am sensibilitatile mele literare, am scara proprie de valori care ma ghideaza în labirintul lecturii. Am câtiva critici literari – îi pot numara pe degetele de la o singura mâna –a caror parere ma intereseaza. Florica Danacu, consateanca si colega de scoala primara, îmi scrie din Spania ca a citit cu entuziasm, printre rândurile de capsuni, cartea lui Mircea Cartarescu, „De ce iubim femeile”. Sunt convins ca nu a îndemnat-o spre lectura vreo cronica semnata de Nicolae Manolescu sau Gheorghe Grigurcu, daca cei doi critici au scris asa ceva! La mijloc este tot „Academia”, bat-o! Daca citeam înainte pe Saint Beuve si tineam cont de aversiunile lui literare – si nu numai! –, mai citeam pe Baudelaire, pe Marcel Proust sau pe Flaubert? „Tel arbre, tel fruit”, celebra eticheta a criticului francez, miroase a razmerita, nu a critica obiectiva. Daca ma lasam influentat de sarcasmul lui Serban Cioculescu relativ la deghizarile „personagiului” Mateiu Caragiale, ratam, cu siguranta, o minune a stilisticii literaturii române – Craii de Curtea Veche. Nu trec nepasator pe lânga critica, dar o iau drept informatie utila, nu verdict de tip ghilotina. Cronicile laudative, nu le citesc. „Critica constructiva” nu-mi spune nimic, suna a oximoron! Atacul la persoana ma dezgusta. Niciodata nu m-a interesat creatorul din punctul de vedere al tarelor pe care i le-a pus în cârca soarta: alcoolism sau consum de droguri, schiop sau cocosat. Eliminati-i pe cei viciosi sau handicapati din panoplia literaturii universale, si veti vedea ce saraci vom ramâne. Opera este tot ce ma intereseaza. Nu sunt critic, dar am opiniile mele. Cine îmi poate spune unde-i granita dintre opinie si critica propriu-zisa? Se pare ca ea nu exista. Iata-ma, deci, propulsat critic! Aici este eroarea ascunsa în paradoxul definitiilor. Sunt un cititor modest din al carui bagaj literar lipsesc lucruri imporatante, componente esentiale ale unei constructii numita „aparat critic”, constructie ce se ridica în timp, cu mari eforturi si cu multe renuntari. Creatorul se apara si el cum poate de furia criticii. Ori se consoleaza cu verdictul criticului, ori trece la atac. Alta varianta nu exista. Critica nu-i amor, sinuciderea este exclusa. John Osborne are o fraza care mi se pare impregnata de aerul statut al consolarii, al inactiunii: „A întreba un scriitor ce crede despre critici, este cum ai întreba un lampadar ce crede despre câini”. A doua varianta, atacul, te duce la zeita Themis, cea legata la ochi si care tine în mâna balanta dreptatii. Mai pe româneste, la tribunal. Raniti în orgolii, nici unul dintre combatanti nu mai asteapta judecata unui „Dumnezeu al culturii”, instanta divina în care credea Noica. Conflictul trebuie rezolvat în imanent. Verdictul zeitei, din pacate, nu va reflecta încarcatura culturala a disputei, ci darea în vileag a unor marunte meschinarii umane. Nu se mai judeca doi „creatori”, ci doi oameni simpli, fara opere, asemeni celor doi tarani pe care i-am vazut luându-se la „trânta” în fata unui „Complet de judecata” stupefiat, într-un tribunal dintr-un oras transilvan. Motivul era minor, dar orgoliile erau mari: unul dintre ei, scapase câteva vorbe mai deocheate la adresa nevestii celuilalt. Si, ce este curios, verdictul tribunalului si toata tarasenia în jurul cazului, fac mai multa vâlva decât „operele” celor doi. Câteodata, de ce nu! si gâlceava aduce glorie... Dentist erijat în critic literar Par Florin Oncescu Experienta mea de critic literar se reduce la publicarea unei duzini de texte din categoria notelor de lectura. Sa le spun cronici literare. Toate, cu o exceptie, la volume de proza. Nu e chiar o experienta de critic literar, recunosc, dar e singura mea experienta care-mi poate fi de folos în atacarea subiectului . Dintre aceste cronici, sapte (remarcati, va rog, precizia) au aparut în ‘91-‘93, în revista Luceafarul, a Uniunii Scriitorilor. Primul dintre aceste texte era pe marginea unui roman de Simenon, în franceza, cumparat de la libraria Humanitas de pe Calea Victoriei (aflata pe atunci la prima ei locatie). L-am propus revistei lasîndu-l în cutia postala de la sediul redactiei, însotit de o scurta nota biografica. Nota biografica detalia roadele carierei mele literare la data respectiva: trei proze si cîteva articole publicate. A aparut peste doua numere. Urmatorul l-am dat direct secretarului de redactie. La al treilea, mi-a spus sa-i aduc cîte doua deodata, ca sa economisim timpul. N-am reusit niciodata aceasta performanta, dar faptul ca am fost crezut capabil de asa ceva m-a magulit. Cronicile mi-au fost platite. Textul despre romanul lui Simenon l-am facut cu un alt scop în minte decît publicarea lui. În acea perioada intentionam sa gasesc un editor care sa ma plateasca pentru traducerea acelei carti. Sunasem la cîteva edituri, trecusem pe la sediile cîtorva, lasîndu-le dosarul proiectului meu. În dosar intrau traducerea primului capitol al cartii, viitoarea mea prima cronica si scurta nota biografica deja pomenita. Nimeni nu m-a cautat, asa ca am sunat tot eu. La o editura mica, adapostita într-un subsol de vila din preajma Televiziunii, am vorbit cu o doamna director editorial. M-a ascultat vorbindu-i de carte si de intentia mea de a o traduce, apoi m-a întrebat: “Ce studii aveti, domnule Oncescu?” I-am spus, soptit, ca eu sînt inginer, dar ca public în reviste literare. “Deci sînteti inginer?” – mi-a rasucit distinsa doamna fierul în rana. “Da, dar public în reviste literare”, am repetat eu. “Ne pare rau, domnule inginer, nu suntem interesati sa publicam Simenon”, a încheiat doamna editoare discutia. De atunci, am ramas cu credinta nestramutata ca numai un cretin cîntareste valoarea unui text literar dupa genul ori durata studiilor autorului. Aplic aceeasi judecata si cînd e vorba de traduceri literare. *** Daca un filolog mi-ar propune sa-mi lucreze un dinte, pentru ca un prieten dentist plecat în vacanta îi pune cabinetul dentar la dispozitie si lui îi place sa practice dentistica, l-as trimite la plimbare. Mînat, în primul rînd, de instinctul de aparare. Daca un informatician ar cauta sa ma convinga ca are o idee geniala despre proiectarea unei elice eoliene, l-as trimite de asemenea la plimbare, fara sa-l ascult mai mult de doua minute. Mînat, de data asta, de dorinta de a-mi cheltui timpul cu mai mult folos. Am proiectat eu însumi o elice eoliana, cînd îmi faceam stagiatura de inginer de aviatie. Elicea n-a ajuns sa functioneze, dar proiectarea ei a fost o treaba cinstita, concretizata într-un raport tehnic cu program de calcul atasat si cu lista de lucrari consultate la urma. Aplic, deci, alte standarde cînd e vorba de creatia literara, pe de-o parte, si de creatia tehnico-stiintifica ori de practica medicala, pe de alta. În cazul primei accept ideea ca un autodidact poate veni cu un produs de valoare, în cazul celorlalte ma declar gata sa vad produsul ori sa accept prestatia doar dupa ce mi-a fost satisfacuta curiozitatea despre diplome. Motivul acestei atitudini nu este, cum s-ar putea crede la o privire grabita, o desconsiderare a creatiei literare, ci, dimpotriva, o pretuire suplimentara a ei. Scrisul “de literatura” este o treaba atît de simpla si de complexa, totodata, încît nu exista diploma care sa-i cuprinda învatarea. Cît priveste calitatea de autodidact a oricarui autor de literatura, cu sau fara studii de filologie, ea nu numai ca nu e ceva de evitat, ea este obligatorie. Nu cred ca se poate ajunge scriitor (critic literar y compris) fara a trece printr-o baie de lectura frenetica întinsa pe ani buni, ani marcati de descoperiri de carti si de autori, într-un ritm care nu are nimic de-a face cu activitatea ordonata din scoala. Scoala, se stie, nu împinge pe nimeni la astfel de excese. Ea scoate tipi echilibrati, cu diploma. Urmînd logica celor evidentiate mai sus, rezulta ca nimeni, nici macar un dentist, nu se poate erija în critic literar pentru ca nu exista o diploma conferind aceasta calitate. Oricine, în schimb, chiar si un dentist, poate deveni critic literar, daca presteaza (cu stiinta si cu talentul necesare) activitatea specifica acestuia: scrisul de cronici literare. Une arithmétique de la critique - réception Par Tina Armaselu Bien que la réflexion sur l’art et sur la beauté remonte au temps de l’Antiquité, le développement de la critique en tant qu’art de juger ou commenter publiquement une œuvre artistique et en tant que métier est étroitement relié à l’épanouissement de la presse, à partir du XVIII-e siècle. Un rôle important dans la mise progressive en place de la critique a été joué par le « Salon », soit dans sa forme de réunion mondaine où des idées et des jugements sur l’art étaient émises au sein d’un groupe restreint d’initiés, soit dans ses formes institutionnalisées telles que les « Salons de peinture » de l’Académie française, dédiés à un public théoriquement plus large. Si la structure par catégories de ce public n’est pas connue avec certitude, il y a des informations sur les commentateurs de ce genre d’événements, d’habitude des gens de lettres, comme par exemple dans le cas de la France, Diderot, Baudelaire, Théophile Gautier ou les frères Goncourt. C’est vers la fin du XIX-e siècle que les revues spécialisées et les journaux commencent à se pencher de manière plus systématique sur le phénomène de la critique dans des domaines artistiques divers, littérature, peinture, sculpture, musique, etc. Aujourd’hui, les professionnels qui font métier de juger et d’analyser les œuvres artistiques appartiennent à des catégories assez hétérogènes : journalistes, spécialistes en histoire de l’art, écrivains, cinéastes, musicologues, artistes, etc., en général, des personnes ayant une certaine compétence dans le domaine en question. D’un autre côté, le développement des nouveaux médias (télé, radio) et surtout de l’Internet ont permis non seulement l’accès de masse à l’information mais aussi la mise en place d’un environnement où chacun peut exprimer librement son opinion. La pratique des forums de discussions, des blogues, des commentaires en ligne sur des livres, films, émissions radio ou télévisées, articles de journaux, etc. est devenue chose courante qui n’a plus de secrets pour personne. Le problème qui se pose est alors, dans un espace de plus en plus ouvert, où chacun peut critiquer les autres et être critiqué à son tour, comment maintenir le dialogue critique - réception à un certain standard du langage et des compétences, sans tomber dans le piège des vanités ou des règlements de comptes personnels ? Bien sûr la question n’est pas simple. Toute critique et la réponse concernée doivent normalement supposer, à part la compétence et le langage adéquat, une certaine distance par rapport au sujet et au débat en soi et un grain d’esprit autocritique. Si la chose peut paraître facile à ceux qui regardent de l’extérieur, elle devient bien plus compliquée lorsqu’on se voit directement visé, dans le cadre d’un tel débat. Quelle serait alors la meilleure formule de critiquer et de répondre à une critique, de telle façon que le dialogue reste au niveau de la confrontation des idées d’où chacun, le critique, le récepteur et le spectateur, a finalement quelque chose à apprendre? Selon certaines opinions, on pourrait généralement considérer qu’il y a trois catégories de critique : la critique constructive, la critique malveillante et la critique prédisposée aux éloges ou flatteuse. La critique constructive aurait ainsi la qualité d’attirer l’attention à la fois sur les points forts et faibles d’une œuvre, tout en restant argumentée et objective, bien qu’elle soit l’écho d’un point de vue subjectif. Pour ce qui est de la critique malveillante, elle serait, comme l’affirme Remy de Gourmont, unilatéralement orientée « vers la faute, vers la tache, vers la plaie », en passant sous silence les aspects positifs d’une œuvre, à partir bien sûr de l’hypothèse que ces aspects existent. Au pôle opposé, la critique prédisposée aux éloges envelopperait tout commentaire critique d’une couche de louanges, dans le seul but de flatter l’auteur concerné. Parallèlement, on pourrait imaginer des catégories similaires d’attitudes face à la critique, soit une attitude : sélective, malveillante ou trop obéissante. Une attitude sélective supposerait ainsi la capacité d’assimiler et d’être sensible aux opinions des autres et en même temps de savoir défendre au besoin son point de vue de manière argumentée et de se méfier des louanges trop manifestes. Une réception malveillante impliquerait la perception de toute opinion critique sur l’œuvre comme un affront personnel, tandis qu’une attitude obéissante se fierait trop aux jugements des autres et aux tendances de la mode. En combinant les trois types de critique et de réponse, on obtiendrait alors, par une opération arithmétique simple, neuf cas possibles de dialogue critique - réception : constructive - sélective, constructive - malveillante, constructive - obéissante, malveillante - sélective, malveillante - malveillante, malveillante - obéissante, flatteuse - sélective, flatteuse - malveillante, flatteuse - obéissante. En pratique, certaines paires sont évidement moins probables (flatteuse – malveillante, par exemple). On pourrait parler aussi d’une polarisation de l’ensemble, du genre : (constructive - sélective) / (malveillante - malveillante), entre lesquels se placent les cas intermédiaires. Comment gérer alors nos actions et réactions en tant que critique ou récepteur de la critique ? Est-il tellement difficile d’éviter un pôle tout en essayant de se rapprocher de l’autre ? Une solution possible : prendre des distances et avant d’agir où réagir, jouer du mécanisme combinatoire et faire le choix, même si difficile, qui nous rapproche le plus de l’extrémité constructive – sélective … Finalement, dirait-on, une question d’arithmétique… La critique : un art? Par Huguette Proulx Tous, un jour ou l’autre avons porté un jugement sur
quelqu’un ou quelque chose. Il est évident que tout créateur, lors du lancement de son livre, du vernissage de ses œuvres,…devient une proie de choix pour les médias. Selon la perception du critique, il sera louangé ou descendu. Tout artiste, qu’il soit néophyte ou connu, se fera fort de lire ce que l’on dira de lui et de son œuvre. Ce qui est tout à fait humain, car il aura déployé auparavant beaucoup d’énergies pour arriver à ce moment essentiel (publication, vernissage,…) de son cheminement. Si on le louange, son ego en sera flatté, sinon…certains réagiront positivement d’autres négativement. Le critique, quant à lui, peut ménager le chou et la chèvre, selon ses attentes. Il ne faut pas oublier que c’est un humain, donc il est, lui aussi, sensible au battage publicitaire précédant l’événement, il a ses préférences et ses goûts. Par conséquent, même en étant le plus neutre possible, il ne pourra faire entièrement abstraction de ces éléments en rendant compte de l’événement dans son article. Et le lecteur, ce vaste public, il lira une, deux, trois critiques portant sur l’événement et se fera une idée de ce qui l’attend. Certains ne se fieront pas uniquement à cela et préféreront se faire eux-mêmes une opinion. Même si elle est négative, à ce moment, elle ne touchera pas directement le créateur, et en cela, elle sera donc moins néfaste pour son ego. La critique exige de la diplomatie. Il y a des manières de faire connaître son opinion en utilisant un langage qui évitera de blesser outre mesure le créateur. Ce n’est pas parce que l’on n’est pas d’accord avec le produit final que l’on se doit de l’invectiver. C’est sans doute cet art, la diplomatie, qui est important pour un critique. Son jugement est certes valable pour lui et plusieurs mais, il doit aussi savoir que certains lecteurs ne seront pas d’accord avec lui. Il m’est d’ailleurs arrivé, de lire dans des journaux différents, des critiques sur le même sujet, mais antagonistes, comme quoi la critique ne peut être unanime. Il demeure néanmoins important que le créateur soit conscient que, dès que son œuvre est publié, exposé,…, elle ne lui appartient plus. Par conséquent, il doit être prêt psychologiquement à accepter quelle soit positive ou négative. Je ne suis ni auteur, ni créateur,…, mais j’apprécie beaucoup tous les Arts et quoique je lise les critiques, je ne m’empêche nullement de lire, voir ou entendre ce que je veux, selon mes goûts et mes humeurs du moment.
Poetul canadian de origine romana, Irving Layton "Ca sa fi poet trebuie sa fii englez sau mort ; de preferat amandoua." Par Calinic Toropu Bolnav de Alzheimer, poetul Irving Peter Layton, pe numele sau la nastere Israel Pincu Lazarovici, unul dintre cei mai importanti poeti ai Canadei, a murit la 5 ianuarie 2006 la Montréal. Despre el, discipolul si prietenul sau, poetul, romancierul si cantaretul Leonard Cohen, spunea : « A fost Irving Layton, si apoi am fost noi ceilalti. » Irving Layton s-a nascut din parinti evrei in Romania la Targu Neamt la 12 martie 1912, dar a implinit varsta de un an la Montréal unde a emigrat impreuna cu familia sa. Tineretea si-a petrecut-o pe Platoul Mont Royal, cartierul boemei montrealeze. A urmat studii de agricultura la Universitatea MacDonald si stiinte politice la Universitatea McGill la Montreal. Ca poet, nuvelist si eseist Layton s-a angajat, alaturi de un grup de tineri autori montrealezi, in lupta impotriva romantismului in poezie. Opera sa de peste 50 de volume i-a adus Premiul Guvernatorului General al Canadei (A Red Carpet for the Sun, 1959) si titlul de Ofiter al Ordinului Canadian, 1976. A conferentiat despre poezie de-a lungul si de-a latul Canadei si a predat limba engleza la Universitatile York si Concordia. In 1981 a fost nominalizat pentru Premiul Nobel. Dincolo de faima pe care si-a creat-o cu versurile sale erotice, cu opiniile sale socante (si arogante), cu viata sa pe care a inteles sa o traiasca scandalos de intens, Layton a ramas in memoria celor care l-au cunoscut ca un profesor iesit din cadru, care a impins poezia la nivel de arta publica, cu un extraordinar impact asupra literaturii anilor ’50-’60, eliberand-o din propria-i incatusare. Moses Znaimer, poet si fondator al catorva canale de televiziune in Toronto, isi aminteste de Layton ca de un dascal care nu preda dupa carti. Anecdotic, el povesteste ca poetul incerca sa le vanda pentru 10-25 centi brosuri cu propriile-i poezii drept “obiecte de colectie”. Astazi, o astfel de colectie a plachetelor sale valoreaza peste 5000 dollari… Împotriva acestei morti Am vazut venerabila si de la Împotriva acestei morti, Traducerea poeziei Calinic Toropu si Felicia Mihali imagine: sursa www.irvinglayton.com
Au revoir, Simcha Par Florin Oncescu L’épicier Simcha Leibovich est décédé au début du mois de décembre. Son épicerie, appelée Simcha’s, était située sur le boulevard St-Laurent, entre les rues des Pins et Duluth. Plus précisément, entre les restaurants Schwartz’s Smoked Meat et Moishe’s Steak House. Tous les trois, Simcha, Schwartz et Moishe, sont venus de Roumanie. Une figure très connue du quartier, Simcha a fait le sujet de nombreux articles dans la presse montréalaise. Ses clients l’ont beaucoup aimé, comme le montre ce message posté par quelqu’un à côté de la porte fermée : “This man was a real human being. He feeded me.” On reprend ici deux passages de l’article <L’exposition „100 ans, 100 portraits, 100 Roumains”>, de janvier 2005 (à trouver dans l’Archive de Terra Nova). “Monsieur Simcha Leibovich est un Juif de Bacau, parti de Roumanie au bon moment, c’est-à-dire en 1947, juste avant que les communistes ne s’emparent pour de bon du pays, et arrivé au Canada 3 ans plus tard. Il est parti avec sa femme, Fany, née à Focsani. En 1954 il a ouvert le magasin et en 1964 il l’a fait déménager à l’adresse d’aujourd’hui.” “Le père de Monsieur Simcha possédait un magasin à Bacau. Le jeune Simcha faisait l’approvisionnement de toute la Moldavie, et surtout de Piatra Neamt, où les prix étaient bons. Il s’est souvenu avec exactitude de quoi le marché avait l’air, à Piatra Neamt. Ensuite il a senti le besoin de soulager son âme: „Écoutez-moi bien, car j’ai beaucoup voyagé. J’ai pris mes vacances, année après année, toujours dans un autre pays. Je suis allé dans les pays scandinaves, et aussi en Amérique du Sud. Il n’existe pas un pays aussi beau que la Roumanie!” Monsieur Simcha n’a plus mis les pieds en Roumanie depuis 1947.” |
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