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| Magazine mensuel de dialogue culturel | Depuis 2001 • No 16• Montréal • 15.12.2005 |
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Maurice Richard La fureur de vaincre Durée : 2h03 Réalisation : Charles Binamé Par Tina Armaselu Le film de Charles Binamé reprend un fragment de la vie du célèbre joueur de hockey des années 40-50, Maurice Richard, surnommé le « Rocket ». Depuis ses débuts, comme modeste travailleur dans une usine de Montréal, jusqu’à l’émeute de 1955, quand des milliers de Canadiens français ont protesté sur la rue Ste-Catherine contre la sanction trop sévère imposée à Maurice (Roy Dupuis) par la Ligue Nationale de Hockey, nous assistons à la création d’un idole. Au-delà de l’idole, Dupuis nous aide à découvrir l’homme Richard, avec sa fragilité, ses points faibles et forts, ses ascensions et ses chutes, mais toujours animé par une passion inconditionnée pour le hockey et un seul désir, celui de vaincre. Doué d’un talent et d’une agilité hors du commun, Maurice devient plus qu’une machine à compter des buts et à fracasser des records l’un après l’autre. Sous le regard et le traitement implacable de Dick Irvin (magistralement interprété par Stephen McHattie), l’entraîneur du « Canadien », qui sait cultiver cette fureur de vaincre, Maurice devient le symbole du vainqueur, du lutteur, non seulement dans l’univers du hockey mais dans celui, plus subtil et plus violent encore, opposant tant d’années le monde francophone et anglophone au Canada. Le film nous révèle à la fois la voie dure et pleine de sacrifices de la gloire mais aussi celle des confrontations de la vie réelle où le dernier mot appartient toujours au vainqueur. Kirikou et les bêtes sauvages Retour à l’âge des contes Durée : 1h15 par Tina Armaselu Pour ceux qui ne connaissent pas Kirikou, le héros du long métrage de dessin animé de Michel Ocelot « Kirikou et la sorcière » (1998), Kirikou est un minuscule enfant noir qui vit dans un village africain. Comme nous raconte son grand-père trônant dans la grotte bleue, « L’histoire de Kirikou et la sorcière était trop courte. On n’a pas eu le temps de rapporter tout ce que l’enfant Kirikou avait accompli. Et il a vraiment accompli de belles et bonnes actions, qu’il ne faudrait pas oublier […] ». Ce nouveau film n’est pas une suite du premier, où le héros est devenu un homme, mais un retour à l’enfance de Kirikou. C’est ainsi qu’on apprend davantage sur les exploits du petit enfant noir qui sait toujours se tirer des situations difficiles et aider les autres, soit qu’il s’agisse des rencontres dangereuses avec des bêtes sauvages ou d’autres pièges inventés par la méchante sorcière Karaba. Le personnage de Michel Ocelot a été inspiré par un conte africain où un garçon parle dans le ventre de sa mère en lui demandant de l'enfanter, en s’enfantant par la suite tout seul. C’est le début d’une longue série d’exploits de cet enfant extraordinaire faisant preuve d’esprit d’indépendance et de prouesse bien avant d’être né. Le refrain de la chanson-thème « Kirikou est petit, mais il réfléchit / Kirikou n’est pas grand mais il est vaillant » résume en effet le message du film. Réfléchir avant d’agir, être généreux et aider les autres, ne se contenter avec les réponses préfabriquées et avoir la curiosité et le courage de chercher soi-même la clé des énigmes sont en grandes lignes les principes de cette leçon. Mais le film du réalisateur français est beaucoup plus qu’une leçon sur le thème de la sagesse et des belles actions. Ce que le spectateur retrouve avec ce nouveau long métrage animé d’Ocelot, c’est la magie du conte, qui nous enchante sans perdre le contact avec le réel, qui nous enseigne sans être trop didactique. Les personnages animés, dépeints avec de l’humour et de la finesse, ont la stature des êtres humains, avec leurs personnalités différentes, avec leurs qualités et leurs défauts, avec leurs coutumes et leur environnement particulier. Tout cela dans un décor luxuriant qui évoque le cadre naturel et culturel d’une Afrique stylisée, sans localisation précise, par la beauté des dessins et des couleurs (des teintes sombres de noir, gris ou brun, aux nuances froides de bleu-cristal ou aux tonalités vives de jaune, ocre, rouge et vert-émeraude), par l’accent africain des interprètes ou par les accords exotiques de la musique des fameux Youssou N’Dour et Manu Dibango. Une excellente invitation à la réflexion et à la découverte qui s’adresse à la fois aux enfants et à ceux qui ne le sont plus, indifféremment de leur âge. Ice Harvest Sur de la glace mince Durée : 1h28 par Tina Armaselu Le film s’ouvre sur l’image des figurines de la Crèche aux accords de « The Little Drummer Boy » remplacés progressivement par le bruit et l’image de la pluie verglaçante tombant sur les branches des arbres. C’est la veille de Noël à Wichita, Kansas, où deux arnaqueurs, Charlie Arglist (John Cusack) et Vic Cavanaugh (Billy Bob Thornton), viennent de s’approprier le fabuleux montant de 2.147.000 $ appartenant à un des potentats de la ville, Bill Guerrard (Randy Quaid). Au lieu de fuir avec l’argent, les deux complices décident d’attendre encore quelques heures jusqu’à ce que la glace soit fondue. Mais comme l’argent est « l’œil du diable » et Bill ne reste pas les bras croisés, les choses glissent vers une toute autre direction, impliquant plusieurs personnages de la ville parmi lesquels la séduisante directrice d’un club de striptease, Renata (Connie Neilsen), et un ancien ami de Charlie, l’ivrogne Pete (Oliver Platt) devenu depuis quelque temps le mari de l’ex-femme de Charlie. C’est un jeu qui n’exclut pas les coups de pistolet et les cadavres jetés à l’eau, que chacun joue finalement sur son propre compte, sous le signe d’un mystérieux aphorisme en graffiti, « As Wichita falls, so falls Wichita Falls », probablement un symbole de la décadence et de l’absurdité de ce jeu contrastant fortement avec l’esprit de la nuit de Noël. Bien que par l’encadrement général de son thème le film appartienne au genre noir, il est cependant difficile à classer de manière précise. Les actions parfois invraisemblables, les traits caricaturaux de certains personnages et le renversement successif de situations évoque en quelque sorte le caractère de farce tragi-comique de type « Seven Times Lucky », le long métrage du réalisateur canadien Gary Yates (2005). Pourtant, dans le cas du film de Ramis, le caractère noir prédomine, les pistes ironie ou mystère à déchiffrer restent dans un état potentiel, seulement suggérées mais pas suffisamment développées. Le spectateur, comme les personnages d’ailleurs, a l’impression de marcher sur de la glace mince, l’interprétation restant suspendue quelque part entre le thriller sans beaucoup d’originalité et la possibilité, plus intéressante, d’une charade sur le non-sens et les relations dégradées d’une société sans âme, dominée par l’argent et les plaisirs faciles. Trufia, nu furia Par Marius Dobrin Mai degraba as fi ales titlul 'Trufia' pentru filmul lui Radu Muntean. Pentru ca Luca, personajul interpretat de Dragos Bucur, nu este deloc furios. Gestul din finalul filmului, când ajunge sa-l omoare pe soferul violator, este un gest de furie. O furie aparent surprinzatoare fata de atitudinea sa de pâna atunci. Care se acumuleaza treptat în el pe masura ce este agresat de o lume interlopa ce-si dezvaluie brusc fata. Si totusi... Luca este un naiv? El crede ca daca apeleaza la mediul interlop sa împrumute bani va fi tratat cu indulgenta? Nu stim de ce a împrumutat 2000 de dolari. De ce a facut asta de la un personaj din underground? Probabil nu putea îndeplini criteriile cerute de o banca. Numai ca în cazul camatarilor din underground criteriile sunt si mai dure. Asa cum procedeaza unul dintre ei, Gabonu, când îi cere scurt 3000 de dolari acum pentru cei 2000 de luna trecuta. Si daca lucrurile s-ar fi oprit aici tot ar fi fost mai usor. Luca traieste mai degraba în aceasta lume de dincolo de lumina zilei. Participa la curse clandestine de masini. Are îndemânare, are orgoliu de a nu se lasa înfrânt într-o cursa aranjata, drept care Gabonu îl taxeaza o data în plus. "-Deci... 3.000 datoria, banu' care ti l-am dat în mânã.
2.000 cursa... Este oare naivitate în comportamentul lui Luca? La începutul filmului oricum asista la o scena de agresare a unui ziarist care încercase sa faca o poza la un concert la care Gabonu se ocupa de organizare. Semnalele sunt limpezi. Si totusi, Luca ia lucrurile cu lejeritate. De aici pâna la fatalitatea de final el afiseaza o siguranta pe sine care de fapt este o exteriorizare a trufiei. A trufiei de a se crede atât de abil încât sa poata pacali lumea interlopa. A trufiei de a crede ca îsi poate permite jocul cu destinul. Al sau dar, mai grav, al altora. Felie, partenerul sau, este atras în vârtej de inconstienta lui Luca. El simte deja pericolul care-i paste de la cursa câstigata desi trebuia pierduta. "-Mai bine intrai dracu' într-un stâlp si pierdeai! Luca este de fapt un demon cu chip de înger. Oricât ar fi de simpatic, greseala de a ajunge la cheremul unui personaj precum Gabonu' este începutul unei alunecari spre infern. Alunecare în care Felie cade victima în ciuda încercarilor sale de redresare. Solutiile imaginate de Luca nu se pot mentine in limitele legalitatii si de aici totul se cufunda dupa criteriul moralitatii. El nu are scrupule nici în raport cu prietenii sai. Ar însela pe oricine numai ca sa iasa din impas. Si totusi priveste lucrurile cu nepasare, cu o încredere nefireasca în sine, desconsiderând pe cei care controleaza lumea aceasta de dincolo de normalitatea legala în care ne miscam majoritatea dintre noi. Dintre cunoscutii lui nu mai sare nimeni sa-l ajute cu bani. Probabil ca deja fiecare dintre acestia era deja patit dintr-o relatie cu el. Încearca sa vânda cu suprapret o masina masluita. Pâna si cu Felie relatia ajunge tensionata, ascunzând banii atâta vreme cât unul simte primejdia si vrea sa scape cuminte, pe când altul vrea sa scape printr-o istetime. De fapt printr-un gest de trufie pentru ca arunca în joc si sentimentele altora. Prietenia cu Felie este exploatata printr-o atitudine de sef iar îmbratisarea finala este doar tardiva. Drama se naste când Mona devine victima acestor speculatii. Privind oamenii precum piesele de sah pe care le poate manevra cum vrea el, pe fata aceasta întâlnita întâmplator o vede ca pe solutia salvatoare. Mica de statura, caci parintii ei sint de fapt pitici, Mona apare ca perechea potrivita pentru Copilul Minune. Surprinzând declaratia lui despre asteptarea unei printese, Luca spera sa i-o plaseze pe Mona, doar-doar datoria sa va fi stearsa. Ce conteaza ce ar zice ea? Nici o clipa nu-si pune problema ei, asa cum nu-si pune problema altuia. O amageste pornind de la o vaga imagine pe care o au unul despre altul din liceu. Asezati la o masa, fata în fata, uiti parca de ceea ce fusese pâna atunci în film. Vezi doar un EL si-o EA. Care fac primii pasi în a se descoperi unul pe altul în ceea ce au ei mai natural. Toata scena lor de la bar este încântatoare. Filmata de aproape, cu jocul luminii, cu privirile lor si cu zâmbetul lor, este o scena care demonstreaza ca filmul românesc poate sa ofere si romantism. Efectiv pot sa fie alte personaje, doi tineri care încep o idila, departe de lumea infractorilor. De partea noastra, a celor care privim filmul. Dorina Chiriac face un rol superb, cucereste din priviri, din gesturi, din vocea cu care fredoneaza în noapte "Tu esti femeia visurilor mele". Ea traieste în lumea normala, are încrederea pe care o acordam de regula celorlalti ca noi. Doar ca Luca e fara scrupule. O harazeste ca pret al unei achitari iluzorii de datorie. Amagind-o. Chiar si dupa ce Mona devine martora unei agresiuni mafiote, chiar si dupa ce este urmarita o noapte întreaga de cel care vrea sa stearga orice marturie, chiar si dupa scena lor de intimitate, Luca nu s-a clintit deloc din proiectul sau de a o vinde. Mona pare a fi o fata realista, care si-a sumat in primul rind conditia sa. Naivitatea ei poate fi numita asa doar daca rasturnam valorile morale. Noaptea traita la maxim, de la cochetaria primei întâlniri pâna la adrenalina goanei vulpe-vânator si daruirea din refugiul ei, nu o face decât sa-i propuna sa plece din tara, pierzându-si urma printr-un job pe un vas de croaziera. Este mai naiva solutia ei? Luca ramâne consecvent în trufia lui de a crede ca poate decide destinele altora si, surprinzator pentru câte se petrecusera, persista în proiectul sau nebunesc de a o oferi pe tava ca pret al stergerii datoriei. Nici când Felie, acelasi sprijin prietenesc chiar si în momentele dure, este omorît de recuperatori, Luca nu se opreste. O duce pe Mona în fata lui Gabonu. Numai ca lucrurile nu se pot petrece dupa cum vrea Luca. El nu poate manipula totul asa cum crede. Copilul rasfatat al lui Gabonu si-o doreste. Este naruirea întregului esafodaj. Este alunecarea decisiva. Este pasul spre crima. Spre crime, când nici o evadare nu mai poate fi posibila. Apa murdara nu-i scoate la un liman decât spre a ajunge la alt criminal. Spatiul pierzaniei îi înghite. Totul din trufia lui Luca care crede ca poate specula o lume. Ignorând orice urma de regula. Poate la început a fost naivitate. Subestimarea spatiului underground. Supraestimarea propriei dexteritati de a specula cu destine l-a pierdut. Violenta criminala de final este apasatoare. Poate de aceea a fost filmata de la distanta. Lasa spectatorul cu inima grea. Furia este mai degraba a celui care priveste. A celui care vrea sa înteleaga rational. De ce? De ce dorind mai mult sa nu tina seama de reguli? De ce sa creada ca poate mereu sa însele destinul? Al sau si al celor din jurul sau? De ce aceasta irosire? De ce? "Furia". Un film foarte bine facut. Un film în care fiecare protagonist a jucat impecabil, de la Adrian Copilul Minune pâna la Bogdan Uritescu. Cu Dragos Bucur mai degraba în contre-emploi având în vedere chipul sau zâmbitor, cu Andi Vasluianu perfect în Felie, personajul înspaimnântat de ceea ce presimte, dar mai ales cu Dorina Chiriac. Ea este cea care lumineaza filmul. Cadrele de la Carrefour sunt bijuterii. Fiecare fotograma poate sa vorbeasca de la sine despre o fata frumoasa si pura. Care are un presentiment, "când te-am vãzut, am zis cã ãsta a venit sã facã misto de mine", dar care prin firea ei este înclinata sa mizeze pe buna credinta. Se joaca, este parca liceeana de la G de vorba cu un baiat simpatic de la H. Se joaca, mizând pe maxim 5 secunde pentru gestul cuiva de a arunca tigara, desi se nascuse deja dorinta ei pasionala pentru Luca. Cu capul pe umarul lui, în ultimul tramvai care se retrage la depou, descoperind treptat ca si-l dorea înca din liceu. "-Dacã ne-am fi întâlnit în 10 ani,
ti-ai fi amintit de mine? Scenele cu Luca si Mona, din bar si din tramvai, sunt cele mai frumoase scene romantice din fimul românesc de dupa 1989. Ar trebui sa urmeze un film cu o poveste din lumea obisnuita, acea clasa de mijloc unde ne plasam cei mai multi dintre posibilii receptori. O poveste de dragoste asa cum Dorina Chiriac si Dragos Bucur au dovedit ca se poate vedea si într-o productie româneasca. "Furia" |
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