haut de page
Magazine mensuel de dialogue culturel Depuis 2001 • No 15 • Montréal • 15.11.2005

 

ARCHIVE

Novembre

Exposition de dessins

Le dessin - lien entre l’ingénierie et l’art

Radu Deca nous parle de son art

Dans cet article, Rudy (Radu) Deca, étudiant à l’École Polytechnique de Montréal en doctorat de génie informatique, nous parle de ses dessins. Le vernissage de son exposition a eu lieu le mardi 22 novembre dans la galerie Rolland. L’exposition s’est ensuite déplacée dans le salon étudiant le jeudi 24 novembre.

« L’idée de faire une exposition de dessins à l’École Polytechnique m’est venue du besoin de faire le lien entre l’ingénierie et l’art, lien qui consiste dans des caractéristiques communes aux métiers de ces deux domaines : créativité, ingéniosité, originalité voire génie et qui rétablit la communication entre scientifiques parlant le langage des machines et artistes parlant le jargon esthétique. Rappelons-nous qu’en grec, « techné » signifiait « art ». »

« Il fallait aussi convaincre le public du droit de cité des dessins en noir et blanc, destinés aux revues. En effet, jamais on n’a vu une aussi grande démocratisation du statut de l’œuvre d’art qu’à l’époque actuelle, dominée par la réalité virtuelle : au gré de la toile, on récupère en cliquant sur un écran, une petite pyramide égyptienne, une fresque de Michel-Ange, un croquis de Picasso aussi bien qu’une miniature de Paul Klee. La différence entre un original et ses copies a disparu dès le moment où Andy Warhol a multiplié le portrait de la Joconde et l’a développé en couleurs primaires, où les « vedute » de Canaletto sont remplacées par la technologie MP3 de téléchargement multimédia. »

« Il fallait aussi prouver au gens que l’économie de moyens (représentée par le petit format et la palette réduite au noir et blanc) ne représente non plus une limitation mais un défi, une source d’expérimentation et un prétexte pour la découverte, de la même façon que les limites de l’espace bidimensionnel de la peinture ont poussé vers l’invention de la perspective. Que l’économie des moyens soit parfois préférée même dans la modernité nous est démontré par le fait qu’on n’a jamais ressenti le besoin de repeindre les statues antiques lavées par les intempéries des siècles. »

« En conclusion, il s’agit d’un exposition dans un salle atypique, destinée à un public non conformiste et désinvolte, et des œuvres exécutées avec une technique spéciale, adaptée à notre époque bouleversée par le bombardement médiatique. »

création et réalisation par Cristian Nistor

Droits de reproduction et de diffusion réservés © TERRA NOVA 2005. Tous droits réservés