|
|
 |
|
 |
ARCHIVE
|
|
 |
Sortie : 1 juillet
La fille sainte
Le jeu du désir
par Tina Armaselu
Distribution: Mercedes Morán, Carlos Belloso, Alejandro Urdapilleta, Maria Alché, Julieta Zylberberg
Réalisation et Scénario: Lucrecia Martel
Une adolescente de 16 ans, Amalia (Maria Alché), vit avec sa mère divorcée, la charmante Helena (Mercedes Morán), dans un hôtel détenu et administré par sa famille. Amalia, qui fait partie d’une chorale religieuse et assiste à des cours sur la vocation et la foi, est à la recherche de sa propre vocation auprès de Dieu. Lorsqu’un groupe de médecins arrive à l’hôtel pour un congrès d’une semaine, Amalia croit avoir trouvé sa mission: sauver du péché Dr. Jano (Carlos Belloso), un homme à la quarantaine, marié et père de famille, tourmenté par des tentations extraconjugales. Mais elle-même se voit peu à peu partagée entre sa « mission » et sa propre sexualité naissante.
La fille sainte est un film sur le thème de la sexualité et du péché que la réalisatrice argentine explore avec finesse. Le désir semble relier les personnages par des fils fragiles comme le fil d’araignée, en créant un réseau sophistiqué de sensualité, frustration et ferveur religieuse. Le problème qui se pose est alors celui de la difficulté à distinguer ce qui est bien de ce qui est mal dans une société où le désir et la foi se trouvent sur des positions antagoniques.
Martel ne semble pas pourtant avoir l’intention de solutionner les tensions, elle ne fait que les montrer, mais d’une manière oblique. Ce sont les premiers plans sur l’expression des personnages qui racontent l’histoire, plutôt que les mots. Car jouer sur le non-dit est le procédé favori de la réalisatrice et la fin ouverte du film en est la meilleure preuve.
Sortie: juin
Ladies in Lavender
par Tina Armaselu
Durée : 1h43
Distribution: Judi Dench, Maggie Smith, Daniel Bruhl, Miriam Margolyes, David Warner, Natascha McElhone
Réalisateur: Charles Dance
Scénario: Charles Dance, d’après la nouvelle de William J. Lock
Dans un petit village de fermiers et de pêcheurs de Cornwall, dans les années 30, deux sœurs, à l’automne de leur vie, Janet (Maggie Smith) et Ursula (Judi Dench), trouvent un jour, sur la plage de leur propriété, un jeune inconnu, victime d’un naufrage. Soigné par le médecin du village, Dr. Mead (David Warner), dans la maison des deux sœurs, l’étranger, dont le nom est Andrea (Daniel Bruhl), ne parle pas anglais mais sais jouer du violon avec habileté.
Comme dans le Survenant, la récente production québécoise, le réalisateur anglais reprend le thème bien connu de l’étranger. Peu à peu, Andrea est intégré dans la petite communauté du village, attire l’attention d’Olga (Natascha McElhone), une jeune et attractive artiste qui changera sa vie d’une manière inattendue, et la rancune de Dr. Mead, l’admirateur plus âgé de celle-ci. Sans se rendre compte, Andrea bouleverse complètement la vie paisible de Janet et d’Ursula, en éveillant des sentiments jusque-là en état latent : une affection presque maternelle chez l’une, un amour innocent et tardif, chez l’autre.
Ladies in lavender est un film où les sentiments prennent l’allure délicate et discrète des fleurs de lavande. La sensibilité des protagonistes, la beauté rustique du paysage et les accords du violon complètent ce tableau lyrique qui évoque, d’un côté, le triomphe de la jeunesse et, d’un autre, le regret de toutes les choses qui peuvent arriver trop tard dans la vie.
Sortie : 10 juin
It’s all gone Pete Tong
Quand tout va mal
par Tina Armaselu
Durée: 1h32
Distribution: Paul Kaye, Beatriz Batarda, Mike Wilmot
Réalisation / scénario: Michael Dowse
Le film du réalisateur canadien Michael Dowse est une coproduction anglo-canadienne ayant remporté trois prix pour le meilleur film : au festival international de film de Toronto, à US Comedy Art Festival et au festival Genart de New York.
Pete Tong est un DJ de musique pop, très populaire en Grande Bretagne, mais ce n’est pas lui le protagoniste du film, bien qu’il y apparaisse, dans une courte séquence d’entrevue. “It’s all gone Pete Tong” est une expression argotique pour “It’s all gone wrong”, un jeu de mots qui résume en effet le sujet du film. Frankie Wilde (Paul Kaye), le légendaire et turbulent DJ d’Ibiza (Espagne), est atteint de surdité au sommet de sa carrière. Quitté par sa femme et abandonné par son imprésario (Mike Wilmot), Frankie traverse une des plus difficiles périodes de sa vie, dominée par le désespoir et les drogues. Serait-il capable de surpasser son handicape et de donner un autre cours à sa vie ?
Ce que Dowse tente de créer par son film est le profile d’un personnage réel. Les fragments de vidéo-clips, les portraits de Frankie sur les couvertures des revues, les entrevues avec d’autres DJ qui prétendent l’avoir connu alternent avec des séquences narratives aux accents parfois de drame, parfois de comédie, ce qui laissent l’impression d’un mélange de fiction et de film documentaire. La musique fait aussi partie de ce scénario, en alliant les scènes fulminantes de discothèque et les passages de bruits confus ou de silence, suggérant la maladie de Frankie. Mais la plus convaincante de toutes ces tentatives est la prestation exubérante du protagoniste qui semble se confondre complètement avec son personnage.
|